La torpille Schwarzkopff

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La torpille Schwarzkopff

En 1866 Robert Whitehead, travaillant sur un concept de Giovanni Luppis, perfectionne ce qui deviendra la torpille de Whitehead. Les ateliers de Whitehead à Fiume sont alors devenus un lieu de rencontre pour les associés et les clients potentiels. Un de ces visiteurs est Louis Victor Robert Schwartzkopff, le propriétaire de la firme « Berliner Maschinenbau A. G. ». La dernière soirée de la visite de Schwartzkopff, un incident a lieu dans la salle des plans des ateliers. Le lendemain matin, il est établi qu’après effraction quelqu'un avait volé un ensemble de plans de torpille. Whitehead maintenait que Schwartzkopff n’avait rien à voir avec cette affaire. Quelques mois après, l'entreprise de Schwartzkopff dévoila un nouveau produit, la torpille de Schwartzkopff. Elle était très semblable à la torpille de Whitehead et en particulier disposait du secret de Whitehead, le système de contrôle à pendule et vanne hydrostatique. Elle est produite à partir de 1873.

Selon une autre source, Whitehead, pour contourner les restrictions des services de sécurité britannique, aurait dû inventer une torpille différente pour les allemands appelée Schwarzkopff.
Le 19 avril 1890, le journal la Justice publie le rectificatif suivant :

« Il est complètement faux d’après les informations de Berlin que M. Schwarzkopff, le grand constructeur de torpilles, ait été arrêté sur la demande du gouvernement italien, pour avoir essayé de corrompre des fonctionnaires italiens. »

Fin décembre 1890, la grande majorité des journaux (Le Gaulois, la Justice, la Lanterne, le Rappel, le Temps, etc.) se font écho de l’information suivante :

« Berlin 25 décembre. On parle beaucoup ici d'un vol important qui aurait été commis dimanche, à l'usine de torpilles Schwarzkopff, sise à Berlin, dans la Chaussée-Strasse. Un certain nombre de plans à l'encre de Chine, donnant toute la construction d'une torpille de récente invention, a été dérobé, sans qu'on puisse retrouver aucune trace des auteurs de cet audacieux coup de main. Un contremaître, cependant, est surveillé de près par la police. »

Le compte rendu d'un journaliste australien en 1887 déclare que l'arme est lancée d'un torpilleur et qu'elle est propulsée par air comprimé. Une torpille peut être entièrement remplie d'air en 7 à 8 minutes et que ceci était suffisant pour la propulser jusqu’à 550 mètres. L'explosif utilisé est le fulmicoton compressé qui est mis à feu par un détonateur à percussion situé à l’extrémité de la torpille.

La marine des États-Unis achète 12 torpilles Schwartzkopff en 1898. C’est l'unique acquisition du produit Schwartzkopff par cette institution. Livrée à la marine des Etats-Unis, la torpille de Schwartzkopff comporte huit sections : le nez, l'ogive, la chambre d'immersion, le réservoir d’air, le moteur, la partie arrière, la boîte de transmission et la queue. Cependant, le tout est fabriqué et assemblé en quatre parties : la tête, la chambre d'immersion, le réservoir d’air et la partie arrière. Toutes les parties sont fabriquées en bronze. Le réservoir d’air est en alliage renforcé pour résister à la pression interne de 90 atmosphères.

Cette torpille a un diamètre de 355 mm (14"), une longueur de 4,5 mètres et un poids de 280 kg dont 20 kg de charge explosive à base de nitrocellulose (fulmicoton). Sa vitesse est de 25 noeuds pour une portée de 200 et/ou 22 nœuds pour une portée de 400 mètres.

Pendant la première Guerre sino-japonaise (1894-1895), les marines, tant chinoise que japonaise, sont équipées de torpilles Schwartzkopff. La marine chinoise eu la première occasion d'employer leurs torpilles pendant la bataille du fleuve Yalou, mais aucune n'a pu atteindre leurs cibles. Cette performance médiocre a été attribuée à une maintenance incorrecte de ces armes par les chinois. Cinq mois plus tard, pendant la bataille de Weihaiwei, les japonais ont envoyé des torpilleurs pour attaquer la flotte chinoise. En lançant onze torpilles Schwartzkopff, les japonais ont réussi à couler trois navires de guerre chinois.

Les clients des torpilles Schwarzkopff, autorisés par le gouvernement allemand, sont :

  • La marine impériale russe ;
  • La marine impériale japonaise (1883) ;
  • La marine espagnole ;
  • La marine impériale chinoise (1883) ;
  • La marine des Etats-Unis (1898).

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