Ferdinand Ferber

Publié le

Bibliographie

Louis Ferdinand Ferber est né à Lyon le 8 février 1862 dans une famille aisée, où son père possédait une filature. Lecteur assidu de Jules Verne, il a confié « Dans son roman « De la Terre à la Lune », il y a un calcul qui a décidé de ma carrière » et qui « a tellement aiguisé ma curiosité que j’ai supplié mon père de m’acheter un algèbre ».

Polytechnicien à vingt ans, il fut officier d'artillerie, arme qui était chargée du développement de l'aéronautique militaire. Capitaine en 1893, il est nommé professeur à l'école d'application de l'artillerie et du génie en 1897, puis il est détaché en 1904 au laboratoire central des recherches relatives à l'Aérostation militaire à Chalais-Meudon.

Découverte du plus lourd que l'air

Ayant découvert en 1896 les expérimentations de vol de Lilienthal, il étudia à Meudon l'aérodynamique appliquée au vol mécanique.

Il réalise en 1998 un modèle réduit et le lance d’une fenêtre du château familial de Rue, qui surplombe la campagne suisse. C’est à Rue également qu’il construit et essaye le 30 septembre 1899 son premier planeur. Officier d’active, c’est sous le pseudonyme de Ferdinand de Rue qu’il s’adonne à sa passion les dimanches et durant ses congés de l’armée.
En 1901, Ferber, qui a été muté au 19ème Régiment d’Artillerie à Nice, se lance d’un échafaudage de 5 mètres de haut sur son quatrième planeur et effectue une glissade de 15 mètres. A cette époque, il entre en relation avec Octave Chanutte, un Américain d’origine Française, fils d’un professeur au Collège de France. Octave Chanutte a publié en 1894 un livre intitulé Progress in Flying Machines, qui est un « recueil critique de toutes les expériences concernant le plus lourd que l’air, mettant à la portée du lecteur l’état de la technique, ce qui évitera la répétition des erreurs habituelles ». Sur les indications de Chanutte, Ferber construit son cinquième planeur. Pour le lancer il fait fabriquer sur ses deniers personnels une grue de lancement à Nice, mais ce n’est pas un franc succès.

Chanutte a également mis en contact Ferber avec les frères Wright, qui réussissent le 17 décembre 1903 le premier vol motorisé de l’histoire. Et dès le 28 décembre de la même année, soit onze jours après ce succès, Orville Wright écrit de Dayton (Ohio) au « Major » Ferber : « Nous vous remercions de l’éloge que vous avez bien voulu faire de nous en écrivant au Scientific American et nous sommes fiers qu’un des plus éminents parmi les expérimentateurs aéronautiques se déclare lui-même notre élève ». Orville Wright poursuit sa missive en contant le récent exploit de son frère et de lui « le 17 de ce mois, nous sortîmes notre nouvel appareil pour l’essayer. (… ) L’appareil pouvait rouler sur une voie, grâce à de petites roues, jusqu’à ce que les hélices lui aient communiqué assez de vitesse pour qu’il quitte le sol. Partant ainsi nous réussîmes quatre vols dans le courant de la matinée, le plus long ayant été de 59 secondes en l’air avec une vitesse de 10 miles (16 kilomètres) à l’heure par rapport au sol contre un vent de 20 à 25 miles (32 à 40 kilomètres) » Et il conclut « En raison du froid nous avons dû remettre d’autres essais à l’année prochaine. ».

Réalisations

En 1904, la renommée du capitaine Ferber est déjà bien établie dans le cercle des pionniers de l’air. Aussi le colonel Charles Renard, directeur du centre d’aérostation militaire de Chalais-Meudon, convaincu depuis toujours que l’avenir est à l’avion plutôt qu’au ballon, fait affecter Ferber à Meudon.
Quand Ferber prend ses fonctions d’adjoint au directeur du centre de Chalais-Meudon, le 9 mai 1904, c’est pour lui une reconnaissance officielle des travaux sur le plus lourd que l’air qu’il a entrepris sur ses fonds propres depuis cinq ans.
A Chalais, Ferber profite de l’aide intellectuelle de Renard et des matériaux légers mis au point pour les ballons : 

  • bois creux, aussi appelé « bambou artificiel » ;
  • bois composé en lamelles, qui deviendra le lamellé-collé.

Cependant la construction des appareils civils étant interdite à Chalais, au grand dam du colonel Renard, c’est à l’extérieur, dans l’atelier de Letord au 16 rue Païra à Meudon que l’ouvrier-mécanicien Burdin réalise le prototype n°5. Ferber obtient néanmoins l’autorisation d’installer sur le centre militaire un dispositif expérimental très ingénieux, semblable à celui que Gustave Eiffel avait envisagé – appelé aérodrome – à partir du premier étage de sa tour. C’est en fait une sorte de tyrolienne, qu’il construit en édifiant sur une pente des collines environnant le vallon de Chalais trois pylônes en bois, reliés entre eux par un câble tendu sur lequel glisse un chariot. L’avion suspendu au chariot glisse le long du câble de 40 m de long incliné à 33%. En fin de course, le crochet libère l’aéroplane qui se retrouve dans des conditions optimales de vitesse pour voler. En compagnie de Burdin, il réussit en 1904 le premier vol à deux de l’histoire. 
Son cinquième appareil est un biplan pesant 50 kg pour une envergure de 9,50 m et 33 m2 de surface. Au premier essai à Beuil (Alpes-Maritimes) en 1902, il parcourut 25 mètres puis 50 au deuxième. Les vols se succédèrent ensuite mais il pressentit la nécessité d'un moteur pour voler plus loin.
Le 27 mai 1905 il effectue à Chalais-Meudon le premier vol motorisé en France avec son aéroplane n°6 doté d’un moteur Buchet de 6 ch.

Ferber poursuit son activité à Chalais en réalisant l’aéroplane n°7, muni d’un moteur Peugeot et d’hélices en tôle d’aluminium rivées sur un longeron d’acier en lieu et place des hélices en bois entoilées. Cette innovation sera adoptée par tous les autres constructeurs. Pourtant l’appareil est détruit lors d’un essai. Un n°8, presque identique équipé d’un moteur de moins de 100 kg, est aussitôt mis en fabrication, mais l’échec précédent a fait douter ses supérieurs et ses crédits sont bloqués. Ce moteur devait entraîner deux hélices coaxiales, contra-rotatives, ce qui permettait d’éliminer le couple de renversement. C’est de nouveau chez Letord à l’extérieur du centre qu’il en est réduit à travailler les samedis et dimanches. Découragé il demande en juin 1906 un congé de trois ans, tout en conservant la possibilité de mener à terme l’aéroplane n°8, mais les ballonniers de Chalais sortent l’avion de son hangar qui est détruit le 19 novembre 1906 par une bourrasque. 

Sollicité par Léon Levavasseur, Ferber rejoint en août 1906 la société Antoinette, à laquelle il avait demandé de construire un moteur spécial de 24 ch. En 1908 il construit son neuvième avion, doté d’un moteur Levavasseur de 50 ch et le teste avec succès sur le polygone d’Issy-Les-Moulineaux au cours de plusieurs vols. Cependant le ministère de la Guerre, reste insensible aux progrès de l’aviation jusqu’au retentissement du vol de Blériot au-dessus de La Manche le 19 juillet 1909. Ainsi fin 1908 le ministère met fin au congé de Ferber et le fait affecter à Brest. 

Cette décision indigne le monde de l’aviation qui intervient afin que le ministre revienne sur sa décision. Cette mobilisation porte ses fruits et début 1909 le ministre décide de détacher Ferber à la Ligue Nationale Aérienne en lui confiant le commandement de l’Ecole de Pilotes Aviateurs à Juvisy. Ferber acquiert un avion Voisin et participe à des meetings aériens.

Accident

En septembre 1909, à Boulogne-sur-mer, où l'on avait dû annuler un meeting d'aviation trop hâtivement organisé mais où il avait accepté de donner quelques séances de démonstration, il fut victime d'un des premiers accidents d'avion. Au cours d'un roulage sur un sol inégal, l’aile gauche de son biplan Voisin toucha le sol, puis les roues vinrent se caler dans une rigole, provoquant le basculement de tout l'appareil. Ferber prit sur l'abdomen tout le poids du moteur. Il put se dégager lui-même, commentant l'accident d'un « c'est bête tout de même, un accident comme cela », mais perdit connaissance au bout d'un quart d'heure, avant de succomber à une hémorragie interne.

Il participait aux meetings sous le pseudonyme de « de Rue », sur l'origine duquel il semble s'être amusé à laisser planer le mystère. Sa famille possédait une propriété dans la ville de Rue, en Suisse. Il laissait une veuve, Marthe Ferber de Stoutz (1868-1952) future baronne de Dampierre, et un fils, Robert Ferber.

Publications
Important pionnier de l'aviation mais peu connu, il est l'auteur de nombreuses publications décrivant et analysant les travaux des pionniers : Lilienthal, Chanute, les frères Wright :

Les progrès de l'aviation par le vol plané, où il insiste sur le soin qu'avaient mis ces pionniers à contrôler la stabilité du vol plané avant de passer à la motorisation.

L’aviation, ses débuts, son développement, cet ouvrage important contient nombre de réflexions visionnaires sur l'usage de l'aviation aussi bien dans ses applications civiles que militaires.

Publicité

Publié dans Personnages

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :