La catastrophe du Farfadet

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Déroulement
Le 6 juillet 1905, le Farfadet appareille et quitte la darse de Sidi-Abdallah, dans la lagune de Bizerte en Tunisie, pour une sortie d'exercice. Il est accompagné d’une chaloupe à vapeur réglementaire. À peine sorti de la passe, le commandant Cyprien Ratier ordonne une immersion. Pour ce faire, il convient de remplir les ballasts tout en maintenant le capot ouvert pour permettre à l'air de s'échapper. Cette manœuvre est délicate et rend le submersible très vulnérable. Ne parvenant pas seul à fermer l'écoutille, le commandant est rejoint par le second-maître Antoine Troadec et par le quartier-maître Le Jean. Ils sont tous trois expulsés du kiosque par un puissant jet d'air. Les trois rescapés sont immédiatement repêchés par la chaloupe accompagnatrice. À 8h30, le sous-marin français coule et gît sur le fond de la rade par dix mètres de profondeur. On mouille une bouée repère à l'endroit de la disparition du " Farfadet " et à toute vitesse la chaloupe fait route vers la terre pour avertir les autorités et demander du secours. Les secours s'organisent, les conditions sont bonnes et le port est proche. Le sous-marin est cependant lourdement enfoncé dans la vase. Une première tentative de treuillage échoue et le sous-marin repart s'enfoncer dans la vase avec à son bord les sous-mariniers qui répondent aux appels de leurs secouristes en frappant sur la coque d'acier. Le 7 juillet 1905, la gabare Kebir et un ponton-bigue de la compagnie du port parviennent à hisser le Farfadet jusqu'à la surface en le tirant par l'arrière qui émergera un temps avant que la grue ne cède précipitant à nouveau le sous-marin vers le fond. Ceci permit toutefois de renouveler l'air de certains compartiments. Le 8 juillet 1905, les travaux de sauvetage se poursuivent, les hommes d'équipage ne répondent plus aux appels. Le 9 juillet 1905, le Ministre de la marine française, Gaston Thomson, débarque à l'arsenal de Bizerte. Il comprend que tout est mis en œuvre pour sauver l'équipage. Des navires sont réquisitionnés. On adapte un dock flottant de 400 tonnes pour lui permettre de soulever le sous-marin et de l'acheminer dans un bassin de radoub. Les travaux se poursuivent les 10, 11 et 12 juillet. Le navire allemand Berger Wilhem venu prêter main forte parvient à l'aide de ses puissantes pompes à désenvaser le submersible. Le 12 au soir, le sous-marin est solidement arrimé sous le dock flottant par une chaîne et deux aussières. Le 15, le sous-marin et le dock flottant sont remorqués par le Cyclope dans un bassin de radoub. Le dock flottant dépose alors le vaisseau au fond du bassin avant d'évacuer les lieux pour permettre que l'eau en soit extraite. Les pompes d'épuisement tournant à pleine puissance, on découvre alors progressivement l'épave du sous-marin gisant sur son bâbord.
C'est aux hommes du Korrigan qu'incombe la lourde tâche d'extraire les corps de leurs camarades. Quatre corps sont découverts à l'avant, ils sont probablement morts dès le début du naufrage. Deux se trouvent au centre dont le second maître Julien Lessausse qui a probablement manqué de peu de pouvoir en réchapper. Enfin, huit corps sont retrouvés à l'arrière. Les fuites d'acide sulfurique rendent les recherches des corps très pénibles, il règne dans le sous-marin une odeur pestilentielle. L'amiral ordonne alors de pratiquer une ouverture d'un mètre sur 1,20 m à l'arrière du bâtiment. Les corps sont emmenés dans une chapelle ardente et déposés dans des cercueils.


Obsèques
Les obsèques officielles des treize marins ont lieu à Sidi-Abdallah, le 18 juillet 1905 puis le remorqueur Cyclope transporte les cercueils à Bizerte. Le Ville-de-Naples rapatrie les dépouilles en France, le 29 juillet 1905. Enfin, le Cyclope remorque l'épave en rade de Toulon en octobre 1905. Cyprien Ratier en restera le commandant jusqu'en juin 1907.
Le 7 septembre 1905, le second maître Antoine Troadec succombe à ses blessures à l'hôpital maritime de Lorient.


Victimes
•    Jean Arzel, quartier-maître
•    Camille Babin, second maître
•    Henri Bougeard, second maître mécanicien
•    Jules Cheval, second maître
•    Yves Henanff, second maître
•    Jean-Marie Le Floch, second maître
•    Julien Le Sausse, second maître
•    Louis Maheu, premier maître
•    Gaston Molenc, second maître
•    Xavier Paume, second maître mécanicien
•    Louis Reinflet, second maître
•    François Rolland, second maître
•    Victor Robin, enseigne de vaisseau
•    Ange Simon, second maître
•    Antoine Troadec, second maître

Devenir du Farfadet
Le Farfadet, à la suite de son naufrage survenu le 6 juillet 1905 est remorqué à Toulon en octobre 1905. Il sera par la suite réarmé et reprendra du service sous le nom de Follet le 17 décembre 1908 jusqu'au 22 novembre 1913. Il est ensuite vendu à Bizerte le 4 juin 1914.
Classe Farfadet (1901-1913)


La classe Farfadet compte 4 sous-marins.
•    Farfadet puis Follet (Q 7) (1901 - 1913)
•    Gnôme (Q9) (1902 - 1906)
•    Korrigan (Q8) (1902 - 1906)
•    Lutin (Q10) (1903 - 1907) sombre au même endroit que le Farfadet, le 16 octobre 1906 avec 16 personnes à son bord.

Caractéristiques du Farfadet
•    Nom            Farfadet
•    Autre nom        Follet
•    Type            Sous-marin de classe Farfadet (1901-1913)
•    A servi dans        Marine nationale française
•    Constructeur        Selon plans de Gabriel Maugas
•    Chantier naval        Rochefort-sur-Mer
•    Commandé        26 septembre 1899
•    Lancement        17 mai 1901
•    Statut            Retiré le 22 novembre 1913 (Le Follet)
•    Commandant        Cyprien Ratier
•    Équipage        14+2
•    Longueur        41,35 m
•    Maître-bau        2,90 m
•    Tirant d'eau        2,68 m
•    Tonnage        184,97 tonnes en surface / 202,47 tonnes en plongée
•    Propulsion        2 moteurs électriques Sautter-Harlé de 300 ch / 1 hélice à pales orientables
•    Puissance        600 ch (électrique)
•    Vitesse            6,10 nœuds en surface / 4,20 nœuds en plongée
•    Profondeur        35 m immersion de sécurité
•    Blindage        Sous-marin de défense à coque unique en acier
•    Armement        4 tubes à torpilles de 450 mm
•    Port d'attache        Rochefort-La Palice
•    Indicatif        Q7

 

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