Le deuxième bureau

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Le deuxième bureau

L'État-major général du ministre de la Guerre est composé, à partir du 8 juin 1871, de deux bureaux. Le 12 mars 1874, un nouveau décret modifie cet état-major qui est dorénavant composé de 4 bureaux. Les différentes sections de l’ancien deuxième bureau de 1871 devinrent chacune des bureaux d’état-major indépendants. Ainsi le deuxième bureau est débarrassé dans sa nouvelle mouture de toutes les fonctions de l’ancien dépôt de la Guerre (études historiques, cartographie, etc.) qui l’encombraient pour se concentrer sur les seules tâches de renseignement. Le deuxième bureau est chargé de l'exploitation du renseignement pour l'État-major général.

L'État-major général du ministre de la Guerre est donc composé du :

• premier bureau, pour l’organisation, la mobilisation, les emplacements et les effectifs de l'armée ;

• deuxième bureau, pour la statistique militaire et l'étude des armées étrangères ;

• troisième bureau, pour les opérations militaires, l'instruction générale de l'armée, l'historique, la topographie de campagne ;

• quatrième bureau, pour le service des étapes et les mouvements de troupes par voie de fer et par eau.

En 1871, le deuxième bureau a sous ses ordres une section de statistique, chargée de la recherche du renseignement à l’étranger et de contre-espionnage sur le territoire français. En 1874, le décret instituait deux sous-chefs d’état-major, l’un ayant autorité sur les premier et quatrième bureaux, l’autre sur les deuxième et troisième bureaux. Ainsi le chef d’état-major général fut-il épaulé par un officier général qui avait particulièrement en charge le deuxième bureau. Enfin, un usage nouveau apparut à partir de 1874 : la section de statistique relevait directement de ce sous-chef d’état-major. Cette section comporte jusqu’en 1894, moins de dix personnes dont cinq officiers, un interprète, un secrétaire et un archiviste. En revanche, le nombre de correspondants à l’étranger augmente progressivement. En 1880, il y en a à Berlin, Vienne, Dresde, Leipzig, Francfort, Cologne, Mannheim… Les moyens financiers sont très pauvres : 7 000 francs pour les 6 premiers mois de 1871 et 186 000 francs en 1878.

Le deuxième bureau publie, à partie de novembre 1871, une revue bimensuelle puis hebdomadaire très documentée « La Revue Militaire de l’Etranger » qui informe les élites militaires et civiles de l’évolution des structures et de la stratégie des armées étrangères.

Le deuxième bureau reçoit des renseignements :

• de la section des statistiques ;

• des attachés militaires des ambassades françaises à l’étranger ;

• de la presse étrangère ;

• et occasionnellement d'autres ministères (Affaires étrangères, Marine, Intérieur, Préfecture de police).

En 1899, suite à l’affaire Dreyfus, la section de statistique est renommée section de renseignement ou section de recherche (SR) rattachée directement au deuxième bureau. Ce bureau contrôle aussi la section de centralisation du renseignement (SCR), service de contre-espionnage militaire qui surveille les activités de services étrangers en coopération avec la Sûreté générale, dépendant du ministère de l’Intérieur. La mise sous tutelle de la police spéciale des chemins de fer à la section de statistique est donc supprimée.

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