Carabine Berthier 1890

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Carabine Berthier 1890

Lorsque les Allemands conçoivent leur fusil Mannlicher M 1888, ils ajoutent une variante carabine destinée aux troupes montées. Pour y faire face, la France ne dispose que du mousqueton Gras M 1874 . Dans le cadre de la "course aux armements" qui s'est développée entre ces deux nations, il est urgent de prendre des mesures.

Dans un premier temps, la Commission de l'Artillerie qui est chargée du remplacement se voit proposer une version raccourcie du Lebel qui ne donne pas vraiment satisfaction en raison notamment de son mécanisme de répétition Kropatscheck.

Un civil, chef de bureau des chemins de fer algériens pour la compagnie Bône-Guelma propose un mousqueton sur la base d'un fusil identique au Lebel mais avec un système de chargement Mannlicher. En 1887, il propose son invention au Comité de l'Artillerie qui le refuse et qui l'éconduit. Il corrige ses plans et propose à nouveau son projet en mai 1888. Il reçoit alors un avis favorable d'essai.

L'atelier de Puteaux (APX) réalise alors une dizaine de prototypes qui sont essayés au Mont-Valérien. Les essais démontrent la supériorité du système Berthier face au Lebel, notamment dans le domaine de la rapidité du tir. Les membres de la commission décident alors de créer une carabine de cavalerie et un mousqueton d'artillerie sur la base de cette arme.

La Section Technique de l'Armée (STA) essaye l'arme et la modifie de manière conséquente. Elle est adoptée le 14 mars 1890. Les mérites de M. Berthier sont reconnus mais, comme il n'appartient pas au milieu militaire et que l'arme a été passablement modifiées par la STA, son nom n'y est pas officiellement associé.

D'un calibre de 8 mm Lebel, le système Berthier comprend à l'origine 3 carabines :

  • une carabine de cavalerie, n'acceptant pas de baïonnette ;
  • une carabine de cuirassier, carabine de cavalerie modifiée pour pouvoir être épaulée avec la cuirasse (allongement de 7 mm, pente plus accentuée de la crosse et absence de busc, ajout d'une plaque de couche en cuir pour ne pas abîmer la cuirasse lors du tir) ;
  • une carabine de gendarmerie, modifiée pour recevoir une baïonnette.

Le système Berthier est approvisionné par une boîte-chargeur de type Mannlicher de trois cartouches. Les cartouches sont glissées en pile unique sur une lame-chargeur, cette lame-chargeur est introduite dans le magasin de l'arme et lors du tir de la dernière cartouche de la lame, celle-ci tombe en glissant en dessous du boîtier d'alimentation.

Cette caravane utilise la munition de 8 mm introduite avec le fusil Lebel en 1886. Ses performances, notamment vis-à-vis des anciennes munitions à poudre noire, sont en progression spectaculaire. En plus de la disparition de l'épais nuage de fumée qui accompagnait ces dernières, la nouvelle poudre permet une puissance beaucoup plus importante grâce à une combustion améliorée.

Les caractéristiques de l'arme sont les suivantes :

  • Mécanisme à verrou (extraction de l'étui vide par un mouvement de rotation puis de translation du verrou) ;
  • Munitions : 8x50 mm R (8 mm Lebel) par clip de 3 cartouches ;
  • Longueur de l'arme : 945 mm (cavalerie, gendarmerie) / 952 (cuirassier) ;
  • Longueur de l'arme avec baïonnette : 1 825 mm (gendarmerie) ;
  • Longueur du canon : 453 mm ;
  • Masse à vide : 3,1 kg (gendarmerie) / 3 kg (cavalerie, cuirassier) ;
  • Masse arme chargée à 3 cartouches : 3,2 kg (gendarmerie) / 3,1 kg (cavalerie, cuirassier) ;
  • Vitesse initiale : 640 m/s.

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